Les broderies poétiques de Célia Bruneau

03.07.2021
Art

Célia Bruneau nous a invitées chez elle à la découverte de son processus de création, dans son bel appartement  d’artiste baigné de lumière situé dans le 5ème arrondissement de Paris. Célia est brodeuse, styliste et comme elle aime se définir, un véritable couteau-suisse. Je suis très sensible à sa créativité et ses broderies poétiques remplies de couleurs. A votre tour de découvrir sa personnalité et son travail !

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Hello Célia, pourrais-tu te décrire en quelques mots ?

Bonjour ! Je m’appelle Célia, je suis brodeuse, styliste et couteau-Suisse.

La période que nous traversons est… particulière ! Quel est le plus grand challenge que tu as dû relever au cours des 12 derniers mois ?

Cela va paraître improbable mais depuis janvier 2020 l’un de mes plus grands challenges a été de continuer de voyager !

J’ai tout quitté à Paris pour partir en tour du monde à ce moment-là. Celui-ci devait être ponctué par des résidences artistiques, mais tout a été annulé. Le plus fou a alors été d’être à l’autre bout du monde et de finalement faire ma propre résidence créative, de m’investir dans de nouveaux projets et de travailler dans l’inconnu.

Je suis rentrée en France depuis et je prends cette période comme une réelle chance, celle d’avoir le temps. Le temps de travailler et de construire à nouveau dans un monde qui semble parfois suspendu.

Quels sont tes projets pour 2021 ?

Continuer de composer ma vie et mon travail. Réussir à vivre uniquement de mes créations.

Quelles sont les femmes qui t’inspirent en ce moment ?

Mes amies, pour toujours !

Je n’ai pas vraiment de références actuelles. Mes influences sont assez vintage. Alors je regarde Instagram comme beaucoup de monde, et j’aime particulièrement Lexie Smith et son projet « bread on earth », ou bien l’univers d’Isabella Killoran.

Raconte-nous quel est ton processus de création. Et comment nourris-tu ton inspiration ?

Les paysages que je brode sont l’interprétation d’un instant, d’un ressenti face à un lieu. Ils sont aussi le résultat de longues observations, réelles ou à travers des photographies que j’ai prises, pour y voir toujours plus, pouvoir démultiplier les points de vue, troubler les perspectives et chaque fois représenter ce lieu d’une manière différente.

L’application de cela commence souvent par le dessin au crayon pour la composition puis par la gouache pour la couleur et les contrastes.

Ensuite je commence la broderie et j’improvise ! La broderie impose sa mesure et rompt avec l’instantanéité d’un trait sur le papier. Elle demande plus de patience et se rapproche même de la méditation.

Je me nourris également de beaucoup d’images. Mes influences sont larges, Georgia O’keeffe, David Hockney, les estampes Japonaises, Nicolas de Staël, les chorégraphes comme Martha Graham ou Pina Bausch… Mais j’aime surtout découvrir des iconographies d’archives : pierres antiques, illustrations du Moyen Âge, en Europe comme en Asie, gravures du cosmos, détails architecturaux, fresques… C’est parfois le fragment d’une pièce qui peut me donner une idée et une impulsion.

Nous tentons de créer une mode plus responsable, selon toi quelle est la chose qui améliorerait le plus l’industrie de la mode en général ?

Que les marques ne cherchent pas à devenir de grandes multinationales ?

C’est une question délicate. Je pense que beaucoup d’initiatives se mettent en place et que l’idée d’une mode plus locale, éthique et raisonnable est en train d’émerger doucement. C’est chouette ! Poursuivons dans ce sens-là car c’est le seul modèle soutenable. Les consommateurs deviennent de plus en plus ouverts et demandeurs à tout cela. Il faudrait ensuite que les marques soient sincèrement engagées dans tout cela, et non à des fins marketing !

C’est alors au consommateur de ne pas se laisser berner, sinon nous tournons en rond et rien ne changera.

Qu’est-ce qui te plaît dans la marque ?

J’aime beaucoup les couleurs vives, les volumes et le rythme graphique des pièces.

L’idée de baser sa création sur de bonnes pièces à la fois intemporelles et originales qui évoluent et changent de matières à travers les années et les saisons. Et les pièces upcycled évidemment.

Quelles sont tes pièces CORALIE MARABELLE favorites ?

Le pull skin, le jean workwear Billy à la taille haute ceinturée et la chemise gala.

DECOUVRIR LE PULL SKIN ORANGE